juillet 31

Une éducation de qualité est indispensable pour se rapprocher des jeunes

Le nouvel archevêque d’Alexandrie et évêque du diocèse d’Égypte dit que l’un des secrets de la survie des Églises dans une société multiconfessionnelle réside dans l’éducation et dans l’ouverture de l’Église à tous.

Le Très Révérend Samy Fawzy, nommé le mois dernier (juin) à la cathédrale All Saints du Caire, est le premier archevêque de la nouvelle province anglicane d’Alexandrie, laquelle s’étend sur l’Égypte, l’Afrique du Nord et la Corne de l’Afrique. De par son étendue géographique, cette nouvelle province, qui englobe dix pays africains, a été qualifiée de passerelle entre le nord et le sud de la planète. Elle inclut Gambella en Éthiopie, où l’Église connaît un essor rapide.

L’archevêque Samy a parlé de la façon dont il a vu l’église dans sa région proclamer la bonne nouvelle et du rythme auquel elle a évolué au cours des 30 dernières années.

« Nous avons commencé avec une seule église à Addis Abeba. Et au cours des 20 à 30 dernières années, nous sommes passés progressivement à 145 églises dans la région de Gambella. Et puis, beaucoup d’autres églises au nord de l’Éthiopie, et d’autres églises encore dans chaque partie du diocèse. En Égypte, nous avons connu une expansion considérable, pas aussi rapide que celle de l’Éthiopie, mais nous avons gagné en nombre, en maîtrise et en compréhension grâce à notre nouvelle école de théologie établie au Caire, à Alexandrie et en Haute-Égypte. Dans le nord de l’Afrique, nous avons des congrégations dans plusieurs pays, dont la Libye, la Tunisie et l’Algérie, et c’est ainsi que nous nous sommes étendus dans autant de pays. »

Quel est le secret de la croissance des églises dans la province ?

« Le rythme de croissance des églises est différent d’un endroit à l’autre. Je pense que l’un des secrets en Égypte en est l’éducation. Nous avons une école de théologie qui accueille beaucoup de jeunes gens qui viennent y étudier et qui poursuivent ensuite leur mission et leur ministère dans différents secteurs de l’Église. » Il a ajouté que les activités sociales et culturelles font également partie de leurs efforts visant à se rapprocher des communautés. « Ce que nous faisons en Égypte est bien plus que le nombre d’églises, car nous sommes au service de toute la communauté. »

« Dans l’ouest de l’Éthiopie, il fut un temps où les fidèles se rencontrèrent sous un arbre et adorèrent le Seigneur, bien longtemps avant qu’il y ait cette croissance des églises que l’on connaît aujourd’hui. Puis on a créé une petite église. On se déplaçait là où il y avait des anglicans et on construisait d’autres églises. Nous avions un évêque qui vivait dans l’école de médecine de Gambella, et grâce à son rôle de leader et à celui d’autres chefs et membres du clergé, l’église s’est considérablement étendue. »

Comment l’église s’est-elle rapprochée des jeunes ?

« Aujourd’hui, il est si difficile de se rapprocher de la jeune génération avec le manque de temps, l’influence des médias sociaux et il est encore plus difficile de les faire venir à l’église. Cependant, si vous avez vraiment quelque chose d’utile à leur offrir, par exemple une éducation de haut niveau, et que vous savez comment les convaincre que vous respectez leur vie spirituelle et leur culture intellectuelle, vous pouvez facilement les atteindre. Vous savez, les jeunes viennent et prennent plaisir à étudier, car ils savent que nos enseignements sont parmi les meilleurs. À travers leurs études au sein de nos institutions, le Seigneur appelle des jeunes gens à un ministère à plein temps. »

Selon l’archevêque Samy, les contraintes économiques qui poussent parfois les jeunes à enchaîner deux métiers différents et qui rendent leur quotidien si chargé et si stressant constituent l’un des obstacles qui empêchent les jeunes de se convertir à la foi.

« Je pense que les jeunes aimeraient se rendre à l’église plus d’une fois par semaine, et qu’ils aimeraient participer à différents ministères. Mais si vous êtes tellement pris par votre travail, ceci devient une chose difficile à gérer. Nous avons un centre de formation dans lequel nous apprenons aux jeunes différents métiers pour les aider à subvenir à leurs besoins. Et nous avons récemment mis en place des ateliers dans plusieurs quartiers défavorisés. Il y a des jeunes qui viennent apprendre le montage vidéo, la photographie et bien d’autres activités qui leur permettent d’avoir de bons revenus. Cela profite également à l’église, car dans le contexte actuel, il s’est avéré nécessaire d’avoir recours à l’église dite « virtuelle » plutôt que des rencontres en face à face. Si vous parlez arabe et que vous vivez au Moyen-Orient, vous avez la possibilité d’annoncer la bonne nouvelle du Christ à des millions de personnes, non seulement en Égypte, mais aussi au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Ainsi, le défi auquel nous avons été confrontés pour nous rapprocher des jeunes est devenu pour nous une grande opportunité de proclamer la Bonne Nouvelle. »

Située en un lieu géographique aussi stratégique dans le monde, la nouvelle province d’Alexandrie, qui faisait auparavant partie de la province anglicane de Jérusalem et du Moyen-Orient, constitue désormais une passerelle entre le Moyen-Orient et l’Afrique.

« Nous avons encore bien des liens avec Jérusalem et le Moyen-Orient. D’abord, nous parlons arabe et puis aussi notre éducation théologique se fait en arabe. L’Égypte est là, au milieu du monde arabe, parlant la même langue. Nous avons grandi en tant que chrétiens dans un contexte islamique. Nous avons une très forte relation avec le monde islamique. L’une des visions que nous avons pour l’église en Égypte est d’avoir un centre islamo-chrétien, où nous enseignons aux gens comment comprendre le contexte… Nous sommes une sorte d’« église-passerelle », qui entretient des relations étroites avec l’Église copte orthodoxe, l’Église catholique et les Églises protestantes, en plus d’être membre du Conseil égyptien des Églises. De là, nous faisons de notre mieux pour devenir une église favorisant les échanges entre églises, ainsi que les échanges avec la communauté musulmane. »

Vivre pleinement sa religion dans une autre culture est toujours un défi. L’archevêque a dit : « Si vous vivez dans une société musulmane, vous serez toujours mis au défi. Les gens vous poseront sans cesse des questions sur votre foi et vos croyances. L’Égypte est un pays très religieux, et les gens vous interpellent en permanence. Vous devez bien connaître ce en quoi vous croyez, creuser profondément dans les Écritures et savoir où vous en êtes. Nous aimons donc nos voisins et il est très enrichissant d’entendre leurs points de vue, de parler et de discuter avec eux. »

« Notre église est ouverte. Et quand des gens nous viennent de différentes confessions, ou de différents horizons, personne ne les empêche d’entrer dans l’église. Dans les cathédrales du Caire et d’Alexandrie, nous avons des centres culturels, et des centaines de musulmans viennent à l’église pour des ateliers et des activités où musulmans et chrétiens du pays peuvent se rencontrer et travailler ensemble. C’est tout à fait normal pour eux, parce qu’ils savent que nous les aimons. Nous sommes sincèrement engagés dans la construction d’un avenir meilleur, grâce à ce partage mutuel et à ce travail en commun. »

L’archevêque rappelle que l’un de leurs objectifs est de favoriser la réconciliation et la tolérance entre les différentes confessions. L’Église de la Haute-Égypte s’est engagée aux côtés de communautés où les chrétiens ont dû quitter leurs villages en raison de la façon dont ils étaient traités par la communauté majoritairement musulmane.

« Nous emmenons des jeunes musulmans de ce village visiter l’un de nos hôpitaux et certains visiter nos écoles, et nous leur montrons que les musulmans et les chrétiens peuvent se côtoyer et entretenir de véritables amitiés et relations. Ils n’ont pas besoin de se battre entre eux ou de vivre dans des communautés fermées sur elles-mêmes. Il est tout à fait possible pour les musulmans et les chrétiens de vivre ensemble en paix. Après trois semaines d’immersion dans ces rencontres mutuelles, ils retournent dans leurs villages, l’esprit complètement changé. Ainsi, ils pourront partager leur expérience avec leurs parents et amis dans leurs villages. »


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