Qu’est-ce que cela signifie pour vous d’être anglican ? Entretien avec Andrew Khoo

Andrew Khoo est un anglican de la province d’Asie du Sud-Est. Il est membre du Comité permanent de la Communion anglicane et adhérant à d’autres groupes et commissions anglicanes, à la Commission pour une Église saine et à la Commission inter-anglicane pour l’unité, la foi et l’ordre. Il s’est exprimé devant l’équipe de la Conférence de Lambeth sur ce que représente pour lui le fait d’être anglican.


Que signifie pour vous être anglican ? Pourriez-vous nous donner certains des aspects les plus importants d’une vie anglicane ?

J’ai fait mes études de droit au King’s College de Londres où j’ai obtenu le titre d’avocat. Après avoir accompli mon stage, j’ai commencé ma carrière en tant qu’avocat en Malaisie en mai 1995. Bien que chrétien depuis ma plus tendre enfance en Malaisie, ce n’est qu’à l’université que j’ai découvert l’Église anglicane. Le King’s College de Londres est étroitement rattaché à l’Église anglicane, étant fondé en 1829 par une association qui comprenait alors des membres du clergé de l’Église anglicane. En effet, le plus ancien diplôme décerné par le King’s College est l’Associateship of King’s College (AKC), qui fut autrefois un titre d’ordination au sein de l’Église d’Angleterre. Ce titre AKC est encore décerné aujourd’hui, mais concerne plus particulièrement les cursus d’histoire et de philosophie de la religion en général. Avoir la possibilité de faire des études dans ces domaines est l’une des raisons pour lesquelles j’ai choisi d’intégrer le King’s College.

Alors que j’étais étudiant, j’ai adhéré à l’église All Souls de Langham Place, là où les prêches et les écrits du Révérend Dr John Stott, un de ses anciens recteurs, m’ont toujours été d’une grande fascination. Le King’s College et l’église All Souls étaient donc pour moi le moteur d’une vision chrétienne plus éclairée du monde, qui m’a amené à me pencher sur des questions contemporaines et à tenter d’y apporter des réponses inspirées des Écritures.

Ce qui m’a toujours fasciné aussi, c’est cette autre « trinité » qui symbolise l’Église anglicane, c’est-à-dire : Écritures, tradition et raison.  Cette capacité et cette délicatesse d’une approche concertée pour l’interprétation et le reflet des Écritures, qui tient néanmoins bien compte de l’évolution de l’histoire humaine et de la portée de certaines traditions ecclésiastiques.

Dans la providence de Dieu, lorsque j’ai décidé de participer à un programme de mission de courte durée, avec le soutien de l’église All Souls, j’ai rejoint une organisation appelée Emmanuel International, laquelle m’a envoyé travailler sur un programme de réinstallation de réfugiés et de déplacés internes dans le nord de l’Ouganda, à Gulu. Notre Église partenaire était le diocèse anglican du nord de l’Ouganda. C’était l’occasion pour moi de me rapprocher d’une Église anglicane en dehors de l’Angleterre, j’ai eu par cette occasion beaucoup de temps pour réfléchir à ce que cela signifiait pour moi d’être un anglican dans un contexte culturel différent du mien.

Ce fut aussi pour moi un moyen de me préparer à mon retour en Malaisie, où je devais revoir certains aspects de ma vie anglicane dans mon pays d’origine. Pour moi donc, les principaux aspects d’une vie anglicane seraient une vie dédiée au service de la communauté, une vision plus étendue sur le monde, nourrie des Écritures et des traditions, et le besoin de renouer avec les préceptes religieux pour relever les défis de la vie contemporaine et démontrer leurs pertinences perpétuelles.

Pouvez-vous nous dire brièvement ce que signifie pour vous d’être en communion, et comment percevez-vous votre appartenance à la communion anglicane dans sa dimension mondiale ?

Comme le disait si bien le poète John Donne : « Aucun homme n’est une île, complet en soi-même ; tout homme est un fragment du continent, une partie du tout. » En bref, nous dépendons tous les uns des autres. En tant que chancelier du diocèse de Malaisie occidentale, fonction qui m’a été confiée en septembre 2001, il m’était trop facile de me concentrer uniquement sur les problèmes auxquels faisait face mon propre diocèse, ou la province d’Asie du Sud-Est à laquelle il appartient. Mais de même que l’amour du Christ est trop précieux et merveilleux pour être gardé pour soi, être en communion signifie pour moi le partage de mes connaissances et de mon expérience avec d’autres, et le souci de répondre aux préoccupations d’autrui.

Une partie de ma vocation d’avocat est de défendre la vérité, de dénoncer les violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales et d’œuvrer en faveur de changements législatifs dans ce sens. Pour moi, être en communion, c’est œuvrer main dans la main pour venir en aide à ceux qui souffrent des inégalités en termes de dignité et de droits.

En œuvrant main dans la main avec nos collègues, tant dans notre pays qu’à l’étranger, nous trouvons certainement des moyens de remédier aux violations des droits de l’homme et aux atteintes aux règles de droit, de préserver l’environnement et de pérenniser les moyens de subsistance. Cela peut se faire par le biais de divers mécanismes, tant nationaux qu’internationaux, notamment par le biais du bureau du représentant de l’archevêque de Cantorbéry auprès des Nations unies.

Faire partie de la famille mondiale des anglicans signifie pouvoir partager son savoir et ses ressources avec d’autres diocèses et provinces anglicanes et les aider à défendre leurs causes dans leurs pays respectifs. Mais aussi d’accompagner d’autres communautés religieuses ou même sans confession particulière.

Tout comme Dieu a donné Jésus au monde parce qu’Il l’aime tant, je suis enthousiaste et motivé à l’idée que la famille mondiale des anglicans puisse elle aussi servir ce monde pour son bien.

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