« La question d’avoir une Église sûre est au cœur de la mission de l’Église » – Évêque Cleophas Lunga parle de la sécurité au sein de l’Église dans la province de l’Afrique centrale.

Le Révérend Cleophas Lunga est Évêque de Matabeleland dans l’Église anglicane d’Afrique centrale et membre de la Commission des Églises sûres de la Communion anglicane. Il présente à travers cet article comment la question de la sécurité au sein de l’Église et les mesures de sauvegarde ont été introduites dans sa province.

Les efforts pour une Église sûre, guide et soutien

Les travaux de la Commission des Églises sûres gagnent peu à peu la Communion anglicane. Je suis d’ailleurs heureux de dire que la province d’Afrique centrale en ressent positivement la portée. Dans certaines régions de la Communion, le concept de sauvegarde est quelque peu nouveau, voire difficile à percevoir dans certaines cultures.

L’inconfort causé par la réticence et d’éventuels changements au sein d’une communauté ou d’une organisation ne doit pas être sous-estimé. Cela peut être le cas lors de l’introduction de la question de l’Église sûre et des mesures de sauvegarde. La peur de gérer des discussions délicates, de composer avec des différends et de débattre de situations susceptibles de perturber des systèmes administratifs et des relations peut être un obstacle invisible empêchant d’adhérer à l’idée de la sauvegarde.

Il peut être déconcertant de penser aux processus impliqués dans la formulation de politiques et la mise en œuvre de mesures régissant la question de la sécurité au sein de l’Église. Pourtant, la notion d’une Église sûre ne fait pas obstacle à l’exercice du ministère. Il ne faut pas l’imaginer comme un « éléphant dans la salle », mais plutôt comme une plaque sur un carrefour, servant de guide pour choisir la voie à emprunter en toute sécurité. L’Église sûre ne s’impose à aucune province en particulier. C’est plutôt une sorte de guide et de soutien nécessaires au bien-être au sein de l’Église en tant qu’institution.

L’adoption de concepts nouveaux implique des rectifications dans le fonctionnement d’une organisation, ouvrant la voie au changement. La question d’avoir une Église sûre est au cœur de la mission de l’Église et comporte justement cet élément de changement. Elle apporte également une contribution à la respectabilité de l’Église.

L’abus est une réalité

En novembre dernier, j’ai communiqué des informations sur les travaux de la commission des Églises sûres aux délégués représentants de diocèses lors du synode provincial de la province de l’Afrique centrale. Un délégué y a relaté l’épreuve qu’a dû subir une jeune fille, de son quartier, victime d’un abus sexuel. Les délégués se sont montrés très sensibles à cette intervention qui leur a fait prendre conscience de la réalité des abus au sein de nos communautés.

J’ai appelé à une approche participative pour affronter cette question et j’ai encouragé les délégués du Synode à faire preuve d’esprit critique. Ils en ont appris davantage sur les défis actuels que rencontre l’Église, et tout le monde s’est accordé à dire que les abus sont une réalité partout dans le monde, quelles que soient les différences de culture.

Le rôle des hauts responsables est primordial

C’est grâce aux travaux de la Commission des Églises sûres, à laquelle j’ai le privilège d’appartenir, et aux encouragements de notre Primat, qu’il a été possible de faire adhérer la province d’Afrique centrale au thème de la sauvegarde au sein de l’Église. Nous nous sommes rendu compte que le rôle des hauts responsables est primordial dans l’avancement des initiatives de changement, ce qui nous amène à en tenir compte dans la planification stratégique au niveau de notre province et de notre diocèse.

L’engagement de la Commission auprès des églises en dehors des pays occidentaux permet aux fidèles de s’impliquer activement dans le diagnostic de leur situation et de formuler des recommandations contextuelles en vue d’atténuer les abus par la formulation et la mise en œuvre de politiques pertinentes.

Transmettre le concept d’une « Église sûre » à la nouvelle génération

Les concepts nouveaux et les changements sont parfois mieux acceptés quand on les découvre à un âge précoce. En décembre 2023, la Province d’Afrique centrale a présenté un exposé aux étudiants du Collège théologique Bishop Gaul à Harare. L’exposé portait sur le concept de la sauvegarde, le soin pastoral aux personnes vulnérables et la mise en œuvre des mesures de sauvegarde dans l’Église d’aujourd’hui. Les réactions ont été positives et les discussions enthousiastes. Cela a même suscité un intérêt réel de la part des diocèses qui ont souhaité en savoir plus sur le sujet.

Responsables, chanceliers, fonctionnaires et fidèles en Afrique centrale se réjouissent de la prochaine Conférence pour une Église sûre, qui se tiendra au Zimbabwe en septembre 2024. Nous remercions Dieu pour son Église en changement.

Orientations
Pour obtenir des ressources et des orientations sur les modalités de mise en œuvre d’une Église sûre, n’hésitez pas à consulter les sites web de la Conférence de Lambeth et du Bureau de la Communion anglicane.

Évêque Cleophas intervenant lors d’un récent webinaire sur l’Appel pour une Église sûre (Safe Church Call). Regardez-le sur Facebook ici.

Visitez la page de la Commission des Églises sûres de la Communion anglicane.

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