août 29

Faire des disciples de génération en génération en Nouvelle-Zélande

L’évêque de Nouvelle-Zélande, Eleanor Sanderson, croit à l’importance du discipulat et explique comment l’église dans sa région s’efforce à le perpétuer de génération en génération.

La révérende Eleanor Sanderson est évêque de l’Église anglicane d’Aotearoa, de Nouvelle-Zélande et de Polynésie et évêque adjoint du diocèse de Wellington.
Elle a fait part à l’équipe de la Conférence de Lambeth de son expérience en tant que disciple et de sa vision du concept de discipulat.

« Je pense que le discipulat revêt un sens très fort. J’ai toujours vu le discipulat comme le fait de vivre une vie en accord avec le Christ. Tel a été le rôle de notre Communion anglicane dans ses efforts en matière de formation de disciples au cours des dix dernières années. »

Selon l’évêque Eleanor, discipulat et vie en communauté doivent aller de pair. « Jésus faisait des disciples en établissant des communautés de gens qui vivaient ensemble avec des liens profonds. Mes toutes premières invitations au discipulat m’ont été adressées par des gens qui vivaient en accord avec le Christ et qui m’ont invitée à être à leurs côtés, à apprendre d’eux et à être en mission avec eux. »

Du diocèse de Wellington, l’évêque dit qu’il est vraiment important de créer des espaces où les gens peuvent vivre en communauté et partager profondément leurs vies.

« Je vis au sein d’une communauté résidentielle intentionnelle avec des étudiants de notre université. Nous menons une vie commune rythmée par le partage et la communion, par la prière quotidienne et la pratique du discipulat dans nos différentes maisons communautaires qui ont lieu chaque semaine, et par un modèle clair de mission commune dans laquelle nous sommes engagés par le biais de l’aumônerie de l’université. Pour moi, le discipulat et la vie en communauté sont intimement liés ».
Selon l’évêque Eleanor : le discipulat est une question de partage. « Dans notre diocèse, nous sommes bien conscients que, quel que soit le contexte de notre vie spirituelle, que ce soit dans une paroisse, dans une nouvelle communauté monastique ou dans un lieu d’habitation intentionnel, le discipulat est au centre de tout. C’est ainsi que nous voyons le discipulat, c’est le partage de la Parole de Dieu, le partage de la nourriture, le partage de la vie et de la prière, le tout avec une mission ou un objectif bien défini. »

L’évêque Eleanor explique que la formation de disciples est le point central de l’église. « Jésus ne nous a jamais demandé de construire des églises, Jésus l’a dit, il construira des églises. Il l’a dit très clairement. Mais il nous a demandé d’aller faire des disciples. J’ai l’impression qu’en tant qu’église, nous avons pris cette question à l’envers. On a investi beaucoup de temps et d’efforts pour construire des églises sans pour autant se former ou former d’autres personnes à faire des disciples. Donc, d’après mon expérience, la plupart des gens n’ont pas été suffisamment convaincus du potentiel du discipulat, même s’il s’agit là de la mission principale qui nous a été confiée. »
« J’ai un très bon ami qui a comparé cela à l’iPhone en me disant : « Si l’on prend un iPhone, le discipulat devrait être le téléphone et l’église, l’application. Mais nous avons tendance à imaginer le contraire et à considérer l’église comme le téléphone et le discipulat comme l’application. Alors qu’en fait, l’appel de Jésus est de faire des disciples ».

« Je pense que notre église a peur de la formation, parce qu’au fond de nous, nous nous sentons tous peu sûrs de nous. La réalité en est qu’en tant qu’êtres humains, nous sommes tous susceptibles de faire des erreurs. Et quand vous regardez tous les disciples, ils ont tous eu, par moments, des maladresses et des échecs, cela fait partie de la vie d’un disciple. Il faut savoir, cependant, qu’une des composantes de l’humilité dans l’apprentissage, c’est que nous apprenons en faisant des erreurs, et en particulier dans le discipulat, c’est la vie en profonde relation avec Dieu. »

« Le véritable test de mon propre discipulat est que les jeunes ou les personnes plus âgées, qui ont été dans une relation profonde de discipulat avec moi, devraient être capables de dire aux gens quelles sont mes forces, mais surtout quelles sont mes faiblesses, ce contre quoi je lutte, comment Dieu m’enseigne en ces moments-là, les leçons que Dieu m’aide à retenir. Et ainsi, nous devons surmonter notre peur de vouloir contrôler ou de donner l’impression que nous avons tout sous contrôle. »

Concernant les obstacles qui se dressent devant les gens qui veulent s’engager dans la voie du discipulat, l’évêque Eleanor dit : « Wellington est la ville la plus séculaire du monde avec une population de 15 à 44 ans. La plupart des personnes de cette tranche d’âge n’ont aucune identité ou affiliation religieuse. Dans notre région, les gens n’ont aucune connaissance de l’Évangile, les écoles ne dispensent pas des cours de religion comme c’est le cas dans d’autres pays »

Selon elle : dans le monde occidental, le nominalisme, où il est possible d’appartenir à une église et d’avoir un sens de la foi presque confidentiel, est l’un des principaux obstacles au discipulat. « Pour ma génération, dans cette région, le nominalisme n’est pas une option, nous ne sommes tout simplement pas assez nombreux, nous représentons une église en déclin majeur avec d’énormes écarts générationnels. Donc, pour moi, la seule église dans laquelle mes enfants et les jeunes que je soutiens dans mon entourage vivront doit être une église très engagée, où les gens font des sacrifices pour vivre pour Dieu. »

Le diocèse de Wellington a fait du discipulat une priorité absolue. L’évêque Eleanor s’explique : « Nous avons délibérément parlé du discipulat et avons investi dans des outils permettant de partager un langage commun et une vision collective de la manière de vivre cette vie façonnée par le Christ ». Elle a précisé que le programme avait eu pour résultat quatre ou cinq générations de groupes de disciples. Un programme dans lequel les gens se sentaient en confiance pour s’engager plus profondément les uns avec les autres dans la voie du Christ.

« Nous avons ce sentiment que le fait d’investir volontairement dans des outils et des programmes spécifiques de formation de disciples serait le moyen de revenir en force et en nombre. »

Comment le diocèse pourra-t-il assurer la perpétuation de la formation de disciples de génération en génération ?

L’évêque a indiqué que l’engagement de la jeunesse anglicane au niveau du diocèse était un élément de discipulat très puissant. « Les jeunes choisissent de travailler bénévolement pour notre diocèse, soit dans les paroisses, soit dans les écoles urbaines. Ils vivent ensemble, partageant des moments de prière quotidiens, des séances hebdomadaires de formation de disciples et des missions hebdomadaires. Nous sommes à présent passés d’une seule maison à 14 maisons différentes dans notre diocèse, avec des douzaines de jeunes vivant une profonde vie de disciple les uns avec les autres. »

« L’une des choses dont nous sommes particulièrement conscients dans notre région, marquée par une démographie vieillissante et des générations hors de portée, c’est que la vie de disciple ne peut se perpétuer s’il n’y a pas de liens entre les différentes générations. Dans une communauté proche de Jésus, cet « oikos » de la famille élargie était composé d’hommes, de femmes et d’enfants. J’ai le sentiment que l’une des choses qui ont eu lieu, en particulier dans l’Église du monde occidental, c’est que l’appel géographique à faire des disciples a été entendu très clairement, mais que l’appel intergénérationnel, qui n’est jamais allé au-delà du cercle des religieux, a souvent été mal entendu. »

« Parfois, on ne sait pas comment vivre pleinement entre générations et partager la bonne nouvelle avec les enfants de nos enfants. Il est, de ce fait, très important de trouver des moyens de créer une communauté missionnaire intergénérationnelle et des outils de formation de disciples qui soient adaptés à toutes les générations. Nous ne devons plus jamais nous retrouver dans cette impasse, où nos enfants et les enfants de nos enfants semblent ne plus appartenir à la famille élargie de l’église, où l’église présente un tel déséquilibre démographique, et nous devons nous assurer que cette impasse ne se reproduise plus avec les générations futures, et que les églises que nous créons évoluent dans un esprit d’ouverture intergénérationnelle. »


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