« La lutte pour l’unité est toujours un effort qui en vaut la peine » – Reflexion de l’évêque Guli Francis-Dehqani sur le thème « Être anglican »

La très révérende Dr Guli Francis-Dehqani exerce ses fonctions d’évêque de Chelmsford depuis avril 2021. En janvier 2021, l’évêque Guli a également été désignée comme évêque responsable du Logement au sein de l’Église d’Angleterre et est membre du Lords Spiritual à la Chambre des Lords depuis novembre 2021. Née en Iran, Guli quitte avec sa famille le pays au lendemain de la révolution iranienne de 1980, alors qu’elle avait 13 ans, et n’a jamais pu y retourner depuis. L’évêque Guli a participé à la conférence de Lambeth de 2022. Elle y a fait part à l’équipe de la conférence de quelques réflexions sur ce que signifie pour elle le fait d’Être anglicane.

Ce fut pour moi une immense joie que ma consécration en tant qu’évêque, il y a six ans, le jour du Saint-André 2017, ait eu lieu au sein de la cathédrale de Cantorbéry. Et ce pour deux raisons.

Tout d’abord, mon sentiment d’appartenance à l’Église anglicane a toujours été tourné vers Cantorbéry, vers la cathédrale en tant qu’Église mère et vers l’archevêque en tant qu’Instrument d’Unité. Originaires du petit diocèse d’Iran, nous avons subi les terribles persécutions de la révolution islamique de 1979. À cette époque, notre communion d’anglicans du monde entier fut pour nous un soutien empreint de prières. Aujourd’hui encore, les fidèles qui vivent en Iran, aussi vulnérables soient-ils, tiennent à leur appartenance à la grande famille anglicane.

Il s’agit de bien plus que de grandes églises, plus nombreuses et apparemment plus « prospères », qui tendent la main à des membres plus vulnérables et souffrants. Nos liens les uns avec les autres, à travers la Communion, ont une dimension plutôt familiale. Ce qui nous unit, ce n’est pas la charité, mais plutôt les liens hérités, reposant sur une foi commune, des origines partagées et des engagements persistants.

Pour assister à la conférence de Lambeth de 2022 en tant qu’évêque au sein de l’Église d’Angleterre, j’ai emmené avec moi mes compagnons anglicans d’Iran avec lesquels je partage la même histoire, mon père ayant participé aux conférences de 1968, 78 et 88 et mon grand-père maternel à celle de 1958. Je sais bien que pour certains, Cantorbéry est perçue comme quelque chose de dépassé ou de colonial, mais pour moi, il s’agit avant tout de liens – que j’aimerais voir perdurer et se consolider.

Deuxièmement, la cathédrale de Cantorbéry est un lieu où les divergences et les différends sont résorbés comme l’on rapiècerait le tissu même de l’édifice. La veille de ma consécration, dans une cathédrale plongée dans l’obscurité, nous nous sommes rassemblés à la lueur des bougies pour prier sur le site du martyre de Thomas Becket et dans la chapelle dédiée aux martyrs du XXe siècle, dont deux sont originaires du modeste diocèse d’Iran : l’un, Arastoo Sayaah, un prêtre, et l’autre, mon propre frère alors âgé de 24 ans. Dans ces deux lieux, nous nous sommes remémoré à quel point les différences religieuses et les instabilités politiques sont porteuses de souffrances, mais aussi de ce désir de les surmonter, de les panser et de s’en réconcilier.

À l’heure où j’écris ces lignes, des guerres, des actes de terreur et de violence sévisent un peu partout dans le monde, notamment en Israël/Palestine et en Ukraine, tandis que des conflits et des discordes menacent la cohésion de notre communion. La Communion anglicane est un lieu où le rétablissement et la réconciliation SONT possibles, même si la tâche n’est pas sans peine et sans défi, et où la lutte pour l’unité vaut toujours un effort qui en vaut la peine.

Selon moi, la communion a toujours été liée aux relations nourries par nos prédécesseurs depuis tant de générations et à la possibilité d’une unité malgré nos différences. Aujourd’hui, je m’engage moi-même à participer à la consolidation de ces relations.

Informations complémentaires :
• Cet article fait partie de notre vaste série « Être anglican », dans laquelle des anglicans du monde entier font part de ce que l’appel de Lambeth sur l’Identité Anglicane signifie pour eux, et comment ce thème étaye la vie de la Communion anglicane. Vous y retrouverez les réflexions sur le thème « Être anglican », partagées jusqu’à présent.

• Pour en savoir plus sur notre prochain webinaire sur le thème « Être anglican » et l’appel de Lambeth sur l’Identité anglicane, cliquez ici.

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