Le Père Nael Abu Rahmoun est le Vicaire de Nazareth, à l’Église Anglicane Christ dans le Diocèse de Jérusalem, et Chanoine Honoraire à la Cathédrale Saint-Georges de Jérusalem. En préparation des webinaires de novembre sur l’Appel de Lambeth sur la Réconciliation, il a parlé au Bureau de la Communion Anglicane de ses perspectives sur la compréhension et l’engagement avec la réconciliation en tant que peuple du Christ dans un monde en conflit. Le Père Nael est un défenseur de la paix, de la justice et du soutien de la voix des jeunes, servant également comme Conseiller et Coordinateur du Ministère de la Jeunesse pour le Diocèse de Jérusalem, et membre Exécutif du Réseau de la Jeunesse de la Communion Anglicane.
L’espoir de réconciliation dans un monde divisé
Selon le Père Nael, le besoin de réconciliation découle des divisions dans le monde. « Ce monde est très divisé », dit-il. « Chaque foi est divisée en différentes dénominations et le monde est également divisé politiquement. Donc, je pense qu’il est toujours important de voir les choses communes que nous avons, les choses partagées que nous avons. »
« Même au sein d’une communauté, ou d’une famille, parfois les gens ne sont pas les mêmes. Ils sont frères et sœurs et ne sont pas les mêmes… Alors, imaginez la communauté plus large et d’une religion à l’autre, d’une communauté à l’autre, nous sommes tous différents, mais nous pouvons toujours trouver quelque chose en commun et parfois plus en commun que ce qui nous divise. »
L’œcuménisme et les dialogues interreligieux comme forme de réconciliation
La Terre Sainte est un territoire qui a historiquement beaucoup souffert de conflits, qui continuent de causer des tensions entre différentes confessions et groupes qui la considèrent comme importante pour la naissance et la pratique de leur foi. Dans son diocèse au sein de l’Église Épiscopale de Jérusalem et du Moyen-Orient, le Père Nael partage que la réconciliation est « une partie de notre vie quotidienne » et qu’il est « nécessaire plus que jamais de… comprendre le concept de réconciliation et d’essayer de le vivre. »
Le Père Nael est actif dans les relations interreligieuses dans son contexte et remarque qu’il aime travailler œcuméniquement avec d’autres églises de la région. « J’ai toujours dit que nous, Anglicans, sommes au milieu… donc nous pouvons vraiment connecter les gens et nous pouvons être le pont entre différentes dénominations. » Il partage qu’à Nazareth, il y a « de très bonnes relations et amitiés » entre les églises. Tout en reconnaissant que cela peut être difficile, il exhorte les disciples du Christ à essayer de « voir le visage de Jésus ou la présence de Dieu dans d’autres religions. »
Il souligne également l’importance de l’œcuménisme, « Je pense que l’œcuménisme est très important et fait partie de notre vie quotidienne et de notre ministère en tant qu’église parce que je crois en une seule église… Il est très important d’être ouvert à tous, de respecter tout le monde et d’apprendre de tout le monde. »
Travailler pour le bien commun est important pour lui : « Je pense que nous avons besoin de plus de voix pour utiliser leur propre foi et leur propre religion pour prendre les principes… et les choses positives pour faire partie de la solution et partager le meilleur de leur propre foi pour le bien commun et la transformation de la société. »
Construire la confiance comme forme de réconciliation
Le Père Nael remarque que la perte de confiance entre les gouvernements, les groupes de personnes et ceux impliqués dans les conflits et le processus de reconstruction une fois qu’elle est perdue, est souvent un défi dans la réconciliation.
Il dit que le défi est « de reconstruire cette confiance entre les gens » et de considérer « comment convaincre les gens d’une manière simple, que nous devons nous rassembler à nouveau et rassembler plus de gens… y compris les personnes religieuses et les dirigeants, pour penser positivement à l’avenir, à vivre ensemble, à faire le travail de justice et de réconciliation et de paix ensemble. »
Le Père Nael parle de l’importance de travailler ensemble pour la paix et la justice, disant « nous ne pouvons pas le faire par nous-mêmes… nous devons construire positivement sur la façon dont nous pouvons trouver de l’espoir au milieu de tous ces désastres et de cette haine… Nous devons trouver une lumière d’espoir et encourager les gens à le faire ensemble. »
Comment les Anglicans peuvent-ils s’engager dans la mission de réconciliation dans leurs contextes ?
Le Cours Difference a été établi pendant le ministère de l’ancien Archevêque de Canterbury, en soutien à l’une de ses priorités principales : la réconciliation. Le Père Nael parle de sa contribution au ministère de réconciliation, disant que Le Cours Difference « est l’un des meilleurs cours auxquels j’ai participé. » Il « aide beaucoup de gens… à ouvrir leurs yeux sur de nouvelles façons de faire les choses » et de « penser ».
Il explique que le cours place la réconciliation comme une « façon de vivre et la façon de faire le ministère dans l’église, en tant que communauté, mais aussi en tant qu’individus également. »
L’Écriture comme inspiration pour la réconciliation
Le Père Nael partage qu’il est inspiré par la célèbre prière de Saint François d’Assise, qui dit « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix » et réfléchit que la paix de Dieu n’est pas comme la « paix du monde ». Elle nous rappelle à tous que « nous devons travailler sur la paix de nos cœurs, la paix au sein de nos familles, puis la communauté, l’église et puis la société. » Elle nous rappelle que la « paix de Dieu qui surpasse toute compréhension, c’est la vraie paix. »
Pour plus d’informations
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